Hautes-Pyrénées, Haut Aragon – Jours 21 à 26

Etapes 18 bis et 18 ter : Pause à Gavarnie

Nous avions prévu une journée de pause à Gavarnie afin de se reposer, de préparer les jours suivants, faire les courses, écrire le blog, graisser les chaussures… En profitant de la belle vue sur le cirque.

Le cirque de Gavarnie et sa cascade, la plus haute d’Europe (423 m)

Tout cela nous a pris toute la journée, d’autant plus qu’il a fallu revoir une fois de plus notre itinéraire car le passage prévu par la brèche de Tuquerouye était à priori encore trop enneigé. Après avoir demandé conseil aux CRS des secours en montagne (qui nous ont en plus indiqué une super appli de cartographie : Alpine Quest), nous décidons de passer par l’Espagne ! On va quitter la HRP pour quelques jours afin de passer par la brèche de Roland et le Mont Perdu.

Nuit au camping et réveil tôt le lendemain, mais il ne fait vraiment pas beau et la météo annonce des orages… Après avoir un peu tergiversé on décide de rester un jour de plus plutôt que de marcher sous la pluie, demain le temps s’améliore !

Journée occupée par la prévision un peu plus précise du planning à long terme, des jeux, la visite de la maison du parc national et du cimetière des pyrénéistes, une bonne sieste… Et une amélioration du système de tendage de la tente.

Vingt-et-unième et vingt-deuxième nuit au camping de Gavarnie (où est la tente ?)

Etape 19 : de Gavarnie au refuge de Góriz, en passant par la brèche de Roland

Récap en bref :

  • Distance : 14 km
  • D+ : 1726 m
  • D- : 918 m
  • Départ : 8h40
  • Arrivée : 17h15

Récap détaillé :

Départ dans l’humidité et le brouillard de Gavarnie. Il ne fait pas chaud ce matin. On se dirige vers le fond du cirque afin de passer par les échelles des Sarradets pour rejoindre le refuge du même nom au pied de la brèche de Roland.

La montée par ce côté est bien raide … on suit les marques comme on peut dans le brouillard dense. Et on a droit à de jolies surprises sur le chemin ! Des edelweiss !

Premières Edelweiss croisées

Après avoir passé les premiers étages du cirque, on arrive au pied du vallon de Sarradets. Nous sommes étonnés de ne pas avoir passé d’échelles métalliques comme on pensait qu’il y aurait (apparemment les échelles c’est kuste le nom de la montée). La vue commence à se dégager à cette altitude, offrant un beau spectacle sur la cascade  dans le brouillard.

Les nuages laissent apparaître la cascade

Nous finissons par dépasser le brouillard, et l’on commence à apercevoir le haut du cirque et la brèche de Roland ! Superbe, encore pas mal de neige au dessous.

Vue sur la brèche de Roland

Nous cramponnons au niveau du refuge des Sarradets, encore en travaux. Dernière montée dans la neige et on arrive enfin à la brèche, après 1500 m de dénivelé !

Vue de la brèche de Roland

Une magnifique vue s’offre à nous, au dessus des nuages, côté Français et Espagnol. Au loin, le pic du midi, le Vignemale. Loïc fait une tentative d’aller au Taillon mais s’arrête au « doigt » car le temps se couvre côté Espagnol.

Le taillon dans le brouillard derrière le doigt

Direction maintenant le refuge de Góriz. On suit tant bien que mal notre trace GPS, crampons au pieds, qui nous fait passer sur une sorte de banquette encore bien enneigée et sous la grotte de Casterets. Nous sommes frappés par la différence de paysage ici côté Espagnol. La roche calcaire grise, des failles, peu d’arbres dans la vallée.

Finalement on rejoint le Col du Descardor, où l’on aperçoit 2 isards. Puis on arrive sur les hauteurs de Góriz,  d’où l’on commence à admirer le canyon d’Arazas, déjà impressionnant !

Types de paysages lunaires côté Espagnol

La dernière descente vers le refuge sera marquée par l’observation de bébés marmottes !

Beaucoup de monde au refuge malgré l’heure tardive (18h). De nombreuses personnes vont camper ce soir, il nous faut dénicher un bon spot avant que tout ne soit pris ! Chose faite nous attendons 20h pour le repas (et le montage de la tente). Nous avons finalement le temps d’admirer encore le canyon devant nous avant de se coucher.

Vingt-troisième nuit

Etape 20 : Le Mont Perdu

Récap en bref :

  • Distance : 7,1 km
  • D+ : 1130 m
  • D- : 1130 m
  • Départ : 8h30
  • Arrivée : 16h

Récap détaillé :

Réveil pas trop tôt, on préfère ne pas être les premiers à marcher sur la neige serrée du matin ! Rangement des affaires, petit dej’ au refuge, location des piolets (selon les conseils des gardiens) et c’est parti !

On prend du dénivelé en suivant le sentier jusqu’au pied de la « Escupidera » où l’on cramponne.

La neige est encore dure ce qui facilite la progression. Nous traversons un paysage très beau, calcaire et enneigé. Face à nous le cylindre du Marboré.

Arrivés au petit lac glacé, on attaque une belle montée bien raide (impressionnante vue d’en bas !) qui nous amène au dernier col d’où la vue est déjà magnifique sur les vallées. Il ne reste alors que quelques mètres dans la neige pour arriver au sommet.

La colonne des courageux grimpeurs qui s’attaquent au Mont Perdu

Ça y est ! On y est ! De là, une vue à 360° s’offre à nous. Côté français la plaine est sous les nuages, seuls les pics dépassent. On reconnaît le Vignemale, le pic du midi, le Perdiguère, l’Aneto et tout au fond les pics de l’Ariège et des PO. Plus proches, les sommets du Marboré, les cirques d’Estaubé et Troumousse et la brèche de Tuquerouye (finalement pas si enneigée  …).

Du haut du Mont Perdu – côté français
Du haut du Mont Perdu – côté espagnol

Le temps de prendre quelques photos au sommet et de pique-niquer, et nous redescendons par le même chemin.

La descente du Mont Perdu

Arrivée encore tôt dans l’après-midi au refuge bien bondé (en même temps c’est samedi). On trouve un meilleur spot que la veille pour la tente.

Vingt-quatrième nuit au refuge Goriz

Etape 21 : Du refuge de Góriz à Pineta

Récap en bref :

  • Distance : 19,8 km
  • D+ : 1045 m
  • D- : 1989 m
  • Départ : 8h50
  • Arrivée : 18h10

Récap détaillé :

Départ ce matin pour la vallée de Pineta. Nous avions prévu un itinéraire un peu aérien via la « faja de las olas », mais après avoir demandé conseil au refuge on nous dit que des passages sont encore glacés/enneigés. Ne préférant pas prendre de risques avec nos gros sacs, on s’engage sur le GR11 classique sachant que ça nous rajoute du dénivelé + et – .

Direction le col d’Arrablo dans un premier temps. Là nous basculons dans le canyon d’Anisclo, que nous avions pu admirer de haut la veille. La descente vers le fond du canyon est assez abrupte, mais tout de même spectaculaire sous un beau soleil avec toutes les cascades coulant des parois des gorges. D’autant plus que nous traversons de beaux tapis d’edelweiss entre autres belles fleurs.

Depuis le col d’Arrablo vers le canyon d’Anisclo

Arrivés au fond du canyon, une belle montée nous attend vers le col d’Anisclo qui nous fera passer vers la vallée de Pineta. Nous suivons pendant près de 3h le torrent limpide, avec derrière nous l’impressionnant Canyon !

Arrivés au col nous sommes bien fatigués, le soleil tape quand même fort et il fait chaud. On s’arrête pique-niquer en surplomb de la magnifique vallée de Pineta. La vue est vertigineuse (et inquiétante sachant que l’on va devoir tout descendre !). Quelques vautours planent au dessus du col, passant près de nous.

La descente est comme attendu très longue et très casse pattes. Heureusement une fontaine au tiers nous ravitaille en eau fraîche, puis la fin sous les arbres atténue l’effort.

Nous décidons d’aller à « l’aire de campement » indiquée sur notre carte. Mais mauvaise surprise là-bas : interdit de camper ! Grosse déception car les derniers kilomètres ont été éprouvants et il nous tardait de pouvoir enfin se reposer … Le refuge de Pineta ne peut pas nous accepter pour la nuit et pas possible d’y camper non plus … Dernière opportunité, le camping de Pineta à 5km plus bas dans la vallée.

Jambes lourdes, fatigue et douleur au mollet pour Loïc ont raison de notre motivation, nous faisons du stop en marchant le long de la route. Cette fois ça marche assez vite, une garde du Parc National nous dépose au camping.

Pas fâchés de se poser après cette longue journée, de profiter de la piscine du camping et d’un emplacement de tente enfin plat !

Vingt-cinquième nuit

Etape 22 : de Pineta à Parzán

Récap en bref :

  • Distance : 17,9 km
  • D+ : 884 km
  • D- : 1007 m
  • Départ : 9h15
  • Arrivée : 16h10

Récap détaillé :

On prend notre temps au camping ce matin, puis après avoir vérifié l’itinéraire auprès du monsieur de l’accueil nous partons direction Parzán (chemin un peu différent puisqu’on n’a pas dormi là où on avait prévu).

Début agréable dans la forêt avec de la mousse et des lichens sur les arbres et rochers. Puis sentier un peu frustrant : on doit marcher pendant presque 2h sur tout un côté de la montagne et on voir sur le versant d’en face le chemin qu’on devra faire dans l’autre sens. Ce serait bien plus rapide de descendre tout droit et remonter en face, mais on ne sait pas comment est le fond du vallon donc on ne s’y risque pas.

Point positif : il y a plein de belles fleurs et des fraises des bois !

(Iris déjà coupé trouve par terre)
Fraises des bois

Finalement on trouve un bel endroit pour pique-niquer au bout de la Plana Petramula. L’occasion de faire secher tous nos habits fraîchement lavés de la veille.

La fin de la randonnée correspond à une piste sur 10-11 km, en descente certes mais surtout en plein cagnard ! Elle nous mène jusqu’à Parzán, joli village, mais surtout beau spot de courses pour les Français (on est au bout du tunel d’Aragnouet).

Village de Parzán

C’est ici que l’on dormira, à l’hôtel du coin (il n’y a pas de camping), en improvisant un petit pique-nique dans la chambre.

Vingt-sixième nuit

Comment chacun vit la grande randonnée…

Maroussia craint :

  • Les montées (ou descentes) dans les éboulis
  • Les sauts sur les cailloux pour traverser un cours d’eau

Loïc craint :

  • Les gros chiens qui aboient
  • Les orages

Maroussia aime :

  • Marcher tranquillement et faire des pauses
  • Prendre en photo ou vidéo l’intégralité des marmottes et/ou isards croisés sur la route (oui même si il y en a 152 par jour !)
  • Bien dormir le matin
  • Ne plus avoir mal aux pieds en fin de journée

Loïc aime :

  • Avancer assez vite et sans s’arrêter toutes les 2 minutes
  • Se lever tôt pour voir la montagne qui se réveille
  • Faire la sieste en arrivant l’après-midi
  • Gravir des sommets
  • Voir les fleurs

Maroussia et Loïc n’aiment pas :

  • Les jours (et nuits) de mauvais temps
  • Les descentes longues et raides
  • Les habits qui puent après plusieurs jours…
  • … mais pas non plus se faire la lessive

Maroussia et Loïc aiment :

  • Les beaux paysages
  • Dormir sous la tente (quand il fait beau)
  • Les marmottes, les isards (surtout les bébés) et tous les autres animaux que l’on croise (mais surtout les marmottes)
  • L’ambiance « refuge »
  • Vivre en harmonie avec la nature…
  • … et plein d’autres choses !

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