La Patagonie, suite

Depuis Ushuaïa direction maintenant le nord vers la Patagonie Magallanica. Plusieurs étapes au programme, entre Chili et Argentine dans ce qui constitue le début de la Cordillère des Andes. Des paysages de fjords, lacs, plaines et montagnes nous attendent !

Etapes à Punta Arenas et Puerto Natales côté Chili, et El Calafate et El Chaltén côté Argentine (pour ceux qui ont la flemme de chercher les villes sur maps =p)

Trajet vers Punta Arenas

Nous quittons Ushuaïa au petit matin en bus pour rallier la ville de Punta Arenas au Chili. Ce sont 11h de trajet qui nous attendent (une grande partie en bus, mais pas seulement). Nous laissons derrière nous les reliefs pour passer progressivement à une immensité de plaines jaunes-grises où paissent Guanacos (sorte de lamas), moutons et vaches. Par-ci par-là un renard touffu qui observe. Nous longeons la côte atlantique Argentine, puis nous nous dirigeons jusqu’à la frontière Chilienne à San Sebastián. On réalise que les chiliens sont très stricts au passage de la douane, on ne doit pas passer avec des produits d’origine animale ou végétale… Mais il nous reste un paquet de fruits secs ! Et on n’a pas encore mangé les empanadas achetées le matin !! Heureusement il y a un peu de route entre la sortie d’Argentine et l’entrée au Chili, on avale nos empanadas et le chauffeur de bus nous dit que les fruits secs ça passe (après qu’on en ait déjà mangé une grande quantité), ouf !

S’en suit une lente remontée vers le Nord, cap sur le détroit de Magellan, on traverse encore ces plaines découpées par des kilomètres et des kilomètres de clôtures. Parfois on aperçoit un îlot arboré et quelques maisons groupées formant l’Estancia.

Paysage typique au bord des routes (on n’a pas réussi à prendre la photo avec les guanacos)

Finalement on arrive au Détroit de Magellan, la traversée se fait avec un grand ferry où monte le bus. L’eau du détroit est d’un bleu pâle laiteux. Soudain, depuis le pont du bateau, on aperçoit des taches noires rayées de blanc qui nagent sous la surface… Des dauphins !! Et plus précisément des Dauphins de Commerson, une espèce endémique de Patagonie. Ils sont 5 ou 6 et suivent le ferry en sautant jusqu’à ce que l’on accoste. Belle parenthèse dans ce long périple !

Belle surprise des dauphins de Commerson

Ayant passé le détroit de Magellan nous ne sommes désormais plus en Terre de Feu mais en Patagonie Magallanica. Nous rallions ensuite (et enfin) la ville de Punta Arenas !

Punta Arenas

Première ville Chilienne où nous nous arrêtons donc pour 2 jours. Des maisons basses recouvertes de tôle, de beaux monuments et un port donnant sur le détroit.

Mauvais temps sur Punta Arenas

Pour le premier jour ce sera direction Isla Magdalena au large de Punta Arenas. L’objectif est d’aller observer les Manchots de Magellan. Un trajet de 1h30 en bateau calme et à l’approche de l’île, encore des dauphins ! Un peu différents des précédents car plus sombres. On commence alors à être blasés des dauphins… 😉

On débarque sur l’île à pied pour cheminer au « milieu » des manchots. (On est tout de même bien encadrés et surveillés par les gardes du parc et il faut suivre un sentier délimité).

Eh bien il y a plein plein plein (plein) de manchots partout, des terriers tous les mètres (oui oui, leurs nids sont comme des terriers qu’ils se creusent, et ils reviennent au même chaque année !). Ils ne sont pas farouches du tout et prennent le soleil.

Après 1h sur l’île, il est temps de repartir (snif). Le retour en bateau se déroule sans anicroche comparé à la dernière fois (la mer est bien plus calme) !

A part l’excursion, nous avons eu l’occasion de visiter la ville :

  • Musée d’histoire naturelle de la Patagonie, très instructif
  • Le cimetière de la ville, typique de l’Amérique du Sud
  • Marché du port pour manger des produits de la mer
  • Visite des rues et places historiques
  • Resto bien sympathique, avec entre autre la dégustation d’un bourguignon de Guanaco (très bon). On a même laissé notre marque sur la table !
Oui on a des mots croisés pour s’occuper !

Nous ne passons pas plus de temps à Punta Arenas, malgré des réserves naturelles proches et d’autres musées dans la ville. Nous allons vers notre prochaine destination : Puerto Natales !

Puerto Natales

Après quelques heures de bus nous voilà donc à Puerto Natales.

On peut admirer pour notre première soirée un beau coucher de soleil au bord de l’eau

La principale activité ici, c’est le parc naturel Torres del Paine. On s’était rendu compte quelques jours avant que pour faire un trek de plusieurs jours dans ce parc il fallait réserver des mois à l’avance et qu’en plus un emplacement de camping peut valoir jusqu’à 80€ (le double avec les repas). Nous avons donc décidé de planter la tente dans un camping en ville et d’aller voir le parc seulement sur la journée. Et s’il y a une seule rando à faire c’est bien celle qui mène jusqu’à la base des tours qui donnent leur nom au parc ! Paysages variés, nous avons trouvé le secteur encore plus beau que le parc de la Terre de feu.

Sur le sentier qui mène à la base des tours

Dommage qu’arrivés en haut, les nuages nous empêchent de voir les tours. Mais le lac a une magnifique couleur verte.

Base de las Torres (cachées par les nuages)

Et on voit quand même les tours une fois redescendus !

Au loin, les tours

Étant donné le mauvais temps du jour suivant, nous sommes restés au camping pour prévoir notre itinéraire des prochaines semaines (on ne croirait pas, mais 6 mois, ce n’est pas si large pour remonter l’Amérique du Sud !) et on a aussi fait quelques emplettes : Loïc (et Maroussia aussi mais dans une moindre mesure) a craqué pour un brûleur à gaz (de qualité) alors qu’on avait décidé de ne pas en emporter de France. Mais bon au final c’est vrai que c’est quand même pas mal quand on fait du camping. Et comme il faut bien un contenant pour faire chauffer avec le brûleur, on a aussi acheté une popote.

Le matériel acquis !

Pour la prochaine étape on repasse la frontière afin d’aller à El Calafate en Argentine.

El Calafate

Des touristes du monde entier viennent dans ce village dans le but de voir une seule chose : le glacier Perito Moreno.

Mais pour notre première journée, avant de voir le glacier de près, nous faisons une randonnée depuis le lago Roca jusqu’au Cerro de los Cristales, d’où nous avons une vue spectaculaire sur les montagnes environnantes et le glacier.

Vue depuis le Cerro de los Cristales

Nous avons aussi la chance d’observer 2 condors qui planent autour du pic … impressionants !!

Condor des Andes (vu de dessus)

Balade dans la ville en fin d’après-midi, où l’on croise toutes sortes de choses…

Vitrine typique d’un restaurant argentin
Animaux typiques du paysage patagonien

Évidemment on ne pouvait pas passer à côté de la visite du glacier le lendemain. Un bus nous dépose dans le parc national, au départ du sentier des passerelles qui longent la côte du Lago Argentino face au glacier (plus de 5km de passerelles !). Après avoir marché quelques minutes et avoir observé quelques blocs de glace à la dérive, nous voilà en face de la masse imposante du Perito Moreno. Un mur de glace de 50 à 70 m de haut, d’un bleu intense, comme flottant sur le lac. On entend les craquements de la glace. Et tout d’un coup, un morceau qui se détache !

Chute d’un bloc de glace (vidéo)

Nous cheminons pendant environ 4h sur les passerelles avec des arrêts fréquents pour observer l’impressionnant glacier. C’est un peu perturbant de voir ce paysage de glace alors qu’il n’y a pas de neige sur les montagnes à côté. Et c’est frustrant d’entendre des morceaux de glace qui tombent quand on est sur la partie du chemin au milieu de la forêt, quand ça arrive tout le monde se met à courir pour observer le spectacle de la chute !

Un morceau prêt à se détacher (tout le monde attendait avec les téléphones prêts à filmer)

Après cette matinée qui ne nous a pas laissé de glace, nous reprenons un bus pour nous emmener dans le village d’El Chaltén, situé plus au Nord à l’autre extrémité du parc naturel des glaciers.

El Chaltén

Après avoir traversé encore de grandes plaines aux allures de déserts, on rentre soudainement dans le relief et on arrive au village d’El Chaltén. On tombe vite sous le charme de ce petit village entouré par les montagnes avec à la première place le Mont Fitz Roy.

La première journée à El Chaltén sera consacrée à deux jolies balades dans les environs :

  • Des miradors d’où l’on peut apercevoir le village d’un côté et la plaine désertique de l’autre
  • Et une cascade que l’on atteint après avoir marché dans la valle de los vueltos en longeant une rivière bleue très méandreuse.
La plaine (désertique) de l’autre côté d’El Chaltén

Le lendemain nous partons pour 2 jours de trek avec nos sacs sur le dos, avec pour objectifs des points de vue sur le cerro Torre et le cerro Fitz Roy.

Pour la première étape ce sera direction le cerro Torre. Les sacs sont bien lourds, heureusement nous pouvons laisser nos affaires au campement qui se situe au bas de la belle montée finale menant à la Laguna Torre. Une fois là-haut la vue est déjà époustouflante sur les pics du cerro Torre (malgré les nuages). On pousse jusqu’au Mirador Maestri d’où l’on peut mieux voir le glacier qui descend jusque dans la Laguna.

Le Gran glaciar et son lac marron

S’ensuit une traversée pour rejoindre notre camp du soir, on longe deux jolies lagunes, Madre et Hija, puis on arrive sous la pluie au campement Poincenot sous les arbres. Nous y passons une bonne nuit !

Remplissage des bouteilles d’eau et montage de la tente

La seconde étape sera la montée vers le cerro Fitz Roy (après une longue hésitation on n’a pas eu le courage d’y monter pour le lever du soleil). Plutôt raide ! Le suspense de la vue jusqu’au dernier moment de l’ascension … et le spectacle est encore plus beau que la veille ! Le Mont Fitz Roy et ses voisins (dont le mont Saint-Exupéry !) se détachent sur le ciel bleu, et la couleur de la lagune ne fait que rajouter de la beauté au spectacle.

Les Cerros autour du Fitz Roy

On redescend ensuite doucement vers El Chaltén. Petit passage par un mirador sur le río de los vueltos.

On se prépare ensuite pour notre prochain périple : la traversée de la frontière entre El Chaltén et Villa O’Higgins au Chili en 3 jours, qui nous a réservé quelques surprises… Mais ce sera pour le prochain article 😉

Anecdotes diverses

Nos coups de coeur sur ces étapes :

  • La surprise des dauphins qui nous ont suivi pendant un moment sur le détroit de Magellan.
  • Le chat de Miguel, notre hôte à Punta Arenas (et Miguel aussi, en plus il a dit qu’on parlait bien espagnol).
  • La balade au milieu des manchots et de leurs nids.
  • Le glacier Perito Moreno, sa grandeur, son bleu, ses craquements.
  • La majesté du mont Fitz Roy et de ses lagunes.
  • Les Huemules qu’on a croisé lors d’une rando, animaux nationaux du Chili avec le condor.
Huemul mâle qui était avec sa femelle

Ce qu’on a moins aimé :

  • Le camping à El Calafate et ses (méchants) arbres qui ont répandu plein de sève sur la tente, qui est maintenant toute collante. On attend une bonne pluie pour la nettoyer…
  • Les ronflements des dortoirs des auberges de jeunesse. Après test de plusieurs techniques (simulation d’une forte toux, faire bouger le lit superposé…), la plus efficace reste le tirage de couverture. Nécessite en plus de la rapidité pour se remettre en position dodo si la personne se réveille ! Mais depuis on privilégie les campings, c’est moins cher et on dort mieux dans notre tente, en s’accordant de temps en temps une nuit de confort dans une vraie chambre.

Ce qui nous a interpellé :

  • Pour aller à l’embarcadère de Punta Arenas il fallait qu’on prenne la ligne 15, et on s’est rendu compte après avoir attendu le bus un long moment qu’il fallait en fait qu’on arrête un taxi collectif (et après avoir fait la blague « hé regarde il y a un 15 sur le taxi, c’est pour nous haha »).
  • Le responsable du camping d’El Calafate, après qu’on ait dit nos prénoms, nous a montré la photo d’un oiseau appelé « Loica » et nous a dit qu’on pourrait en voir, malheureusement ça n’a pas encore été le cas (ou alors très rapidement).
  • Les billets de 5 pesos en Argentine ont arrêté d’être utilisés le 29 février, juste assez pour qu’on ait le temps d’en avoir mais qu’on ne puisse pas s’en servir à nouveau.
  • Côté nourriture, au Chili sur tous les paquets il y a écrit « alto en azucares, alto en calorias, alto en grasas« , ça ne donne pas très envie ! On a aussi bien aimé le pâté de foie con (hongos).
  • On est tombé sur un super panneau de signalisation à El Chaltén…
Vu au SUD de la Patagonie (Ushuaïa)
On est à 13 304 km de la maison !

Prochaine destination :

Villa O’Higgins, et le périple de la traversée de la frontière…

PS :

Le présent article retrace nos étapes qui commencent à dater un peu au moment de sa publication. Nous sommes actuellement au Chili et la situation vis à vis du coronavirus sur place évolue rapidement. Nous en parlerons plus tard…

Ushuaïa – Terre de feu

Nous avons troqué les casquettes pour les bonnets, les t-shirts pour les doudounes, bref, nous sommes arrivés à Ushuaïa, ville « la plus australe du monde » ! (Récemment détrônée, cf. plus bas)

Après 4h de vol, à 3 500 km de Buenos Aires, nous posons le pied sur la Terre de feu ! Déception : ça ne brûle pas du tout …

Bienvenue au bout du monde !

La ville est au bord du canal de Beagle (reliant l’Atlantique au Pacifique) et est surplombée de sommets. On est tout proche du Cabo de Horn (cap Horn), pas très loin non plus de l’Antarctique (quelques 1 000 km à peine) !

Ushuaïa, premier jour, sommets enneigés au réveil

Au programme de cette étape australe : découverte de la ville, du canal de Beagle et du Parc National de la Terre de Feu !!

Ushuaïa et ses environs

La ville d’Ushuaïa n’est pas particulièrement « belle », le centre assez touristique a des allures de station de ski dans un port. Mais elle a quand même un certain charme, avec ses maisons en bois et tôles colorées, son petit port, le fourmillement des touristes… Ancrée entre montagnes et océans, il y reigne un parfum d’aventure !!

Non loin de la ville, deux balades classiques sont à faire :

  • Le Glaciar Martial, à 1h30-2h du centre ville. On monte vers la (toute petite) station de ski, puis on suit les pistes pour arriver au pied d’un cirque ; de là on peut s’approcher au « pied » du glacier (du moins de là où il arrivait il y a 10 ans…). À la redescente, belle vue vers le canal et Ushuaïa. Balade que nous avons fait en mode détente vu nos activités des jours précédents (nous y reviendrons plus bas).
  • La laguna Esmeralda, balade vers un lac de couleur verte, que nous n’avons pas faite pour cause de peur de la boue (apparemment on peut s’y enfoncer jusqu’aux genoux).
Glacier Martial

Bien sûr les alentours d’Ushuaïa c’est aussi le canal de Beagle et le parc National, donc n’attendons pas plus pour en parler !

Canal de Beagle

Nous sommes partis de bonne heure le matin en catamaran afin de réaliser un circuit de 6h sur le canal.

On se dirige vers l’Est, entourés par les montagnes bordant le canal avec en toile de fond de grands sommets enneigés. Côté sud du canal c’est le Chili, avec puerto Williams (nouvellement ville la plus australe à priori !). Et au nord eh bien c’est l’Argentine.

Temps changeant sur le canal de Beagle

On passe devant le « Faro les Éclaireurs », petit phare emblématique et bien mignon, qui se trouve à côté de l’île aux cormorans.

Faro les Eclaireurs sous tous ses angles

Au cours de la navigation, en plus des paysages splendides nous observons aussi la faune :

  • Albatros, cormorans … et plein d’autres oiseaux !
  • Lions de mers posés sur leurs rochers !
  • Manchots de Magellan et manchots papous ! Qui nichent sur la plage de « la pinguinera » jusqu’en avril environ.
Lions de mer
Manchots de Magellan et manchots papous sur l’île Martillo

Des étoiles plein les yeux et souvenirs plein la tête, le retour en bateau s’annonce paisible et contemplatif ! Mais que nenni, la météo du jour est assez changeante, la pluie revient, le vent forcit, la mer gonfle, des creux, des vagues et crac… mal de mer pour tous les deux (et le vomi pour Maroussia =p).

Parc National de la Terre de Feu

Le parc national de la Terre de feu est situé à environ 12 km du centre ville d’Ushuaïa. On s’y fait déposer en navette et après avoir payé notre droit d’entrée, nous voilà partis pour 3 jours de randonnées et 2 nuits dans le parc !

Le premier jour…

Nous découvrons le parc par des sentiers au bord des lagunes (laguna verde, laguna negra, bahía lapatia), des tourbières, des barrages de castors, une vue sur le Beagle en fond, et surtout les montagnes qui entourent tout le parc.

Lagunes du parc de la Terre de feu

Le soir nous plantons la tente sur un espace que nous choisissons, tout en restant dans les limites de la zone dédiée au camping. Les gardes du parc viennent contrôler que tout va bien, nous pouvons rester 2 nuits.

Notre campement

La nuit ne sera pas très fraîche et à cause des duvets trop efficaces nous avons presque trop chaud ! Merci pour le cadeau 😉

Deuxième jour…

Réveil sous une pluie fine, petit déjeuner rapide et nous partons pour le cerro Guanaco (cerro est utilisé devant tous les noms de sommets, ça signifie colline – bukit pour les bilingues malaisiens). Rando annoncée pour 8h dont 4h de montée, 900m de d+.

Dans un premier temps il faut s’enregistrer au centre visiteur Alakush, puis c’est parti pour la marche ! D’abord dans la forêt puis on traverse une tourbière très humide et boueuse, le sol ressemble à une éponge… (chaussures trempées pour Loïc).

Enfin, nous finissons par l’ascension du pic dans les moraines (pas facile, heureusement que nous avons pu laisser une partie des affaires dans la tente).

La vue de là-haut est superbe et plutôt dégagée. On surplombe le parc mais aussi le canal de Beagle et Ushuaïa de l’autre côté.

Rando du cerro Guanaco

Le ciel devenant de plus en plus sombre, nous redescendons rapidement du pic après avoir avalé nos sandwiches en vitesse. Petite pause au centre Alakush pour prendre un licuado de banane bien réconfortant puis direction le campement. Il pleut toujours, donc repas sous la tente et dans les duvets.

La nuit est plus calme que la veille, nous avons toujours aussi chaud grâce à des sacs de couchage de qualité !

Troisième jour…

Nous nous réveillons avec le soleil ! Ce qui est très appréciable étant donné que la toile de tente est trempée après ces deux jours assez humides. Pendant que tout sèche, nous avons la visite de drôles d’oiseaux typiques du parc : des Gansos de la Patagonia (ouettes de Magellan, ou bernaches de Magellan), pas du tout farouches.

Visite des ouettes de Magellan

Le temps de tout plier et de tout ranger et nous partons en direction de la senda costera (sentier côtier) pour revenir à l’entrée du parc.

Le sentier est très beau, et encore très différent de ceux des deux autres jours. On alterne pendant 3h entre la forêt et les plages de la lagune que nous longeons. Les panoramas sur les sommets de l’autre côté du canal de Beagle sont sublimes !

Le long de la senda costera

Arrivés à la fin du sentier il ne reste plus qu’à prendre la navette pour revenir à Ushuaïa. Sauf qu’elle n’arrive pas… Vient alors une famille de français que nous avions croisée à plusieurs reprises lors des précédents jours, ils sont en camping-car et font un périple dans toute l’Amérique du Sud depuis la Guyane. Ils nous proposent de nous ramener au centre ville, ce qui est bien aimable ! Moment agréable dans le camping-car en compagnie des garçons de 4 et 9 ans qui ont envie de tout nous raconter.


En conclusion de ces 3 jours dans le parc :

Premier test de la tente et des duvets réussi ! Mention excellent pour les duvets, mention bien pour la tente dont la toile n’était pas bien tendue (possible erreur de montage) et qui était bien mouillée à la fin.

Premier test de marche avec les sacs assez lourds plutôt bien réussi, malgré un mal de hanches au niveau de la ceinture du sac (dur dur de le remettre le 2ème jour !).

De bonnes courbatures aux cuisses surtout pour Maroussia, faisant de toute descente d’escalier une épreuve pendant 2-3 jours.

Plein de belles images dans la tête.

Et une envie de recommencer très vite !


Prochaine destination :

Le Chili avec Punta Arenas et Puerto Natales (parc Torres del Paine)

Buenos Aires (et alentours)

Nous avons passé la première semaine de notre voyage à Buenos Aires !

¡ Bienvenido a Argentina !

44 millions d’habitants (dont 15 dant la capitale), superficie de 5 fois la France, on paye en pesos argentins $Ar (1€ = 65 $Ar), et bien sûr on parle espagnol (ou plutôt castellano) !

La bandera sur la Plaza de Mayo

La ville de Buenos Aires est graaaande ! On l’a très vite trouvée super agréable, on y retrouve un peu de Paris et Barcelone avec l’architecture des bâtiments et le quadrillage régulier des rues. Beaucoup de grands parcs et des arbres dans les axes majeurs où il fait bon se reposer, surtout qu’en ce mois de Février c’est encore l’été austral et il fait chaud en ville.

Street art à Buenos Aires

La semaine que nous avons passée à Buenos Aires a été bien remplie. Un aperçu non exhaustif de ce qui nous a marqué et plu :

Côté quartiers …

  • Le Centro, avec de beaux édifices historiques, des rues piétonnes commerçantes, la plaza de Mayo et sa casa rosada, quelques gratte-ciel au loin…
La Plaza de Mayo vue depuis le Cabildo (le Capitole porteño)
  • Recoleta, les beaux quartiers au Nord de Buenos Aires, un cimetière qui vaut le détour – pensée pour Fantine ! – et un musée des beaux-arts qui le vaut un peu moins (surtout après 2h de visite guidée du cimetière en espagnol et une bonne quantité de blagues non comprises).
Le cimetière de Recoleta
  • Palermo, toujours les beaux quartiers, avec ses parcs à siestes et animaux.
Maras de Patagonie, Colibri et 2 espèces de lama typiques au parc zoologique de Palermo
  • San Telmo, quartier plus populaire, des rues vivantes, un marché couvert aux stands alléchants, une place Dorrego où il semble qu’on peut croiser des danseurs de tango et des groupes de musique à toute heure.
Tango sur la place Dorrego
  • Puerto Madero, des quais bordés de restaurants au pied des immeubles de la city porteña et un beau voilier – ancien bateau-école de l’armée – à visiter pour 0.30€, ainsi qu’une réserve « naturelle » (terrain formé sur le río de la Plata à partir des débris de démolition de la ville pour la construction des autoroutes), lieu de balade familiale le weekend.
La frégate Presidente Sarmiento et les quais de Puerto Madero
  • La Boca, emplacement de la fondation de la ville situé à l’embouchure de la rivière (d’où son nom) puis quartier abandonné où s’entassaient des dizaines d’immigrants de toutes nationalités dans les chambres des conventillos, devenu finalement un quartier trèès touristique mis en lumière grâce à un enfant adopté du quartier devenu peintre célèbre et qui décida d’en faire un musée à ciel ouvert à travers les maisons colorées et les murales. C’est aussi le quartier où sont nés le club de foot de Boca junior et le tango (selon les argentins), tous deux ayant servi de mode de communication aux immigrants qui ne parlaient pas la même langue. Nous y avons fait une visite guidée qui nous a beaucoup inspiré comme vous pouvez le constater !
Rues colorées et peintures murales de la Boca
Les Catal’Oc devant le stade de Boca Junior

Côté gastronomie…

Comme beaucoup le savent, en argentine, on mange de la viande (ou du moins peu de légumes). Avec en tête les bife de lomo ou de chorizo (attention, ici ce n’est pas du saucisson piquant !).

Autre spécialité argentine bien connue : les empanadas. Il y en a pour tous les goûts (celle de ce midi avec de la panse de vache ne m’a pas enchantée).

Il y a aussi une grosse influence italienne à Buenos Aires, impliquant la présence de nombreuses pizzerias. Malheur à nous quand nous avons découvert la taille de la fugazetta grande que nous avions commandée après 2 empanadas ! Très bonne mais de quoi manger pour 5, heureusement nous avons pu avoir un doggy bag (que nous avons trimballé dans notre sac pendant 2 jours).

Pour les desserts ils ne sont pas si mauvais : flan avec dulce de leche, glace au dulce de leche, pâtisseries au dulce de leche, dulce de leche au dulce de leche… Nous avons aussi découvert par hasard (cadeau de la maison) un autre bon dessert, le vigilante fresco con batata o membrillo (tranche de fromage sans goût surmontée d’une tranche de pâte de coing ou de patate douces et de quelques noix).

Il nous reste encore quelques spécialités à découvrir (parillada, milanesa, licuados…)

Bife de chorizo, flan con dulce de leche, empanadas, pizza !

Côté culture…

Outre la gastronomie, nous avons pu faire une incursion dans la culture et l’histoire du pays à travers le tango, les différents musées et le carnaval de Buenos Aires !

Les porteños se réunissent dans des milongas pour danser le tango, bars dansants avec une piste au centre. C’est là que nous avons pu montrer nos talents de danseurs lors d’une initiation aux côtés de nombreux autres turistas. Nous savons désormais déplacer notre poids d’une jambe sur l’autre et avancer/reculer tels des baguettes (« you’re a stick ») ! Puis nous avons laissé la piste aux expérimentés afin de profiter pleinement des musiciens (coup de coeur pour les bandonéons, mini accordéons).

Soirée tango à Maldita milonga

Comme toutes les grandes villes, Buenos Aires regorge aussi de musées à découvrir. Certains très instructifs sur l’histoire du continent sud-américain depuis les époques précolombiennes jusqu’à la politique actuelle, en passant par la colonisation, la révolution de 1810 et l’indépendance quelques années plus tard, et les instabilités qui ont secoué l’argentine (nombreux coups d’état militaires). Nous avons aussi déambulé dans des musées d’art ancien et moderne. On notera également quelques « ratés » (mauvaise lecture du routard concernant les dates des visites ou d’ouverture, prix ayant trop augmenté).

José « Loïc » de San Martín, héros des indépendances sud-américaines

Le carnaval de Buenos Aires se déroule sur plusieurs jours dans divers endroits de la ville. Nous avons pu assister à des défilés de murgas (troupes de carnavaliers qui dansent déguisés autour de leur mascotte au rythme des percussions) dans le quartier de San Telmo, et surtout sur l’avenida de Mayo pour la clôture du carnaval, suivie d’un concert purement latino ! Énormément de monde dans l’avenida et une tradition assez particulière de s’asperger avec une mousse blanche imitation neige d’été… assez marrant au départ puis rapidement énervant quand on s’en prend gratuitement en pleine figure toutes les 5 secondes. Mais l’ambiance est absolument géniale !

Carnaval 2020 de Buenos Aires

Côté à côtés…

Nous avons aussi eu l’occasion de nous éloigner de l’agitation de la ville au cours de deux excursions.

  • Colonia de Sacramento, petite ville coloniale de l’autre côté du río de la Plata, en Uruguay. Vieux centre agréable à parcourir, calme, arboré, belle vue sur la rivière (malgré une eau marronasse), rues pavées et jolies maisons coloniales.
Pas de plage, l’eau vient jusque sur l’herbe
  • Tigre, ville située sur le delta du río Luján à 1h de train de Buenos Aires. Un dédale de canaux formant des îles habitées accessibles seulement par bateau-bus. Les maisons sur pilotis, de la plus modeste à la plus élaborée, possèdent toutes leur ponton privé. Agréable bouffée de verdure à quelques pas de Buenos Aires.
Au gré des canaux de Tigre

Côté insolite…

Quelques faits qui nous ont étonnés ou marqués depuis notre arrivée (on espère que la liste ne s’arrêtera pas là…) :

  • Même en le sachant, ça fait toujours bizarre d’entendre les argentins dire « cho me chamo » pour « yo me llamo ». En effet, le « ll » et le « y » sont prononcés « ch » (soit disant en lien avec la forte immigration italienne il fut un temps).
  • On est toujours étonnés de voir le nombre de personnes qui se baladent avec leur calebasse à maté et leur thermos d’eau chaude (sans compter les distributeurs d’agua caliente dans les lieux publics). Et ce n’est même pas bon !
  • Tout le monde se fait appeler chicos, y compris les filles et les anciens.
  • On a souvent marché dans Buenos Aires au son des « cambio, caambio, caaambio » (toute personne seule croisée dans la rue Florida déclame ce slogan en espérant qu’un touriste vienne échanger sa monnaie en pesos) et des « heeeeladooo » (vendeurs de glaces qui ont chacun une mélodie bien personnelle pour dire ce mot).
  • Chaque ticket de carte bancaire doit être signé et annoté de notre numéro de passeport. Et ils sont étonnés qu’on ait des codes !
  • Étonnamment ils ont une passion pour les croissants (medialunas), qui sont loin d’égaler la version française (à notre humble avis).
  • De même pour le pain, pourtant servi à tous les repas, qui est toujours sec.
Collection printemps 2020 du « kit à maté »

P.S. : Je ne sais pas si vous avez remarqué, on a aussi découvert la culture argentine en faisant un tour chez le coiffeur 😉

Prochaine destination :

Ushuaïa

Les préparatifs

« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. »

– Lao Tseu

Le départ est imminent ! La liste du contenu des sacs, longuement réfléchie, est prête. Dernier test de remplissage et dernière pesée … mince, 2kg de trop pour chacun par rapport aux objectifs fixés !

Obligation donc de se délester d’affaires. Le choix à faire est terrible … et il devra être juste ! Ci-dessous le contenu de nos sacs effectivement bien remplis :

Le contenu quasi-final de nos sacs (Maroussia à gauche et Loïc à droite)

Arriverons-nous atteindre les objectifs ?

  • 10 kg pour Maroussia
  • 12 kg pour Loïc
Citation piquée dans Chullanka Toulouse (et surtout à Antoine de St Exupéry)

L’itinéraire – Partie 1

Pour la première partie de ce voyage (jusqu’en août), le périple commence à Barcelone où nous prendrons l’avion le 18 février à 1h30, direction Buenos Aires ! Après quelques jours dans la capitale argentine et une visite de Montevideo en Uruguay, nous partirons pour la Patagonie. S’en suivra une remontée de l’Amérique du Sud le long de la Cordillère des Andes…

Ci-dessous un aperçu des principales étapes de notre voyage, qui sont susceptibles d’être modifiées en cours de route.

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer